White Christmas, Noël ensommeillé

White Christmas, Noël ensommeillé

Ma fin d’année est un sacerdoce entrecoupé de HO, HO, HO !!! Sur fond de paysage enneigé. Ma quête éperdue du film de Noël ultime continue, envers et contre tout. Cette fois-ci je vais m’attarder sur un film qui me semblait plein de promesses. Une comédie musicale de Michael Curtiz, réalisateur dont j’apprécie énormément le travail, avec Bing Crosby en acteur vedette. Alors j’avoue que j’avais tout juste entendu parler du film. Les années 50 de la filmographie de Curtiz étant pour moi encore un territoire vierge. C’est le cœur plein d’espoir et les yeux brillants d’amour que je me lançais dans cette nouvelle découverte.

Noël Blanc, où White Christmas dans sa version originale doit son titre à la chanson éponyme interprété par Bing Crosby. Et surement, une grande part de sa reconnaissance. Le morceau étant un succès international est interprété deux fois dans le film. Car, en effet, au-delà d’un certain classicisme dans la forme, le film souffre de nombreux défauts. Déjà, débutons par son histoire, Wallace et Davis se connaissent pendant la guerre. Davis sauvera la vie de son frère d’arme et en signe de rétribution Wallace, artiste reconnu, promettra un duo sur une des compositions de Davis. Au sortir de la guerre, le duo deviendra formidablement célèbre et aura son propre spectacle. Ils seront amenés à auditionner deux sœurs et s’ensuivra une succession d’imbroglios les amenant jusqu’à l’amour.

Un canevas classique, mais si fait avec dynamisme et des numéros musicaux entrainants, peut donner un vrai petit bonbon acidulé pour les fêtes. Malheureusement, cela est loin d’être le cas. Michael Curtiz, un brin vieillissant en 1954, fait le minimum de ce que l’ont peut demander à un metteur en scène. Une réalisation laborieuse manquant absolument de vitalité. Les intermèdes musicaux, assez nombreux, sont filmés et montés avec paresse. Le ton du film, la musique, l’écriture des dialogues tout semble suggérer une vigueur qui ne transparait jamais à l’écran. Quelques panoramiques, de rares travellings, absolument rien ne transcende le mouvement, les couleurs. Le casting lui-même semble en demie teinte. Avec une seule vraie danseuse dans le lot cela limite fortement les possibilités d’interaction lors des scènes chantées et dansées. Verra-Ellen se retrouvant souvent a dansé seule ou avec un professionnel. Le reste se composant de duos assez statique dont seules quelques chansons ressortent.

Il est pénible de ressentir une forme de pesanteur laborieuse sur tout le film. Alors que celui-ci, dans ses intentions, semble se vouloir virevoltant, fait de péripéties et de quiproquos amoureux. Tout est d’une lourdeur extrême, et la trame narrative n’aide en rien. Le film durant deux heures et avec les défauts que j’ai déjà put pointer, tout semble s’étirer à l’infini. Le duo Bing Crosby et Rosemary Clooney ne parvient jamais à donner corps à leur histoire d’amour naissante. Ils ne sont pas attachants et les péripéties les concernant manquent d’énergie ou sont tout simplement absentes. Deux duos, deux couples en devenir, ce qui devrait être un ping-pong incessant se muent en rendez-vous autour d’un thé. Mais les incertitudes amoureuses ne sont pas le seul ressort du film. En effet par le plus grand des hasards, le groupe se retrouvera dans une auberge dans le Vermont. Auberge dont le propriétaire est leur ancien général qui se retrouve au bord de la faillite.

Dans l’espoir de sauver l’auberge, et surtout l’estime de leur ancien général. Ils usent de leur notoriété en préparant un spectacle sur place. Là encore tout ceci pourrait être source de nombreuses péripéties alliant répétitions et nécessité de faire venir une audience. Mais, encore une fois, tout est terne et plat. À aucun moment le film ne semble parvenir à générer un peu de vie, de tension, de tristesse puis de joie. Ce type de film est censé être un ascenseur émotionnel nous laissant à la fin avec un sourire béat. Ici, on dépassera jamais ou presque l’encéphalogramme plat. A l’exception du premier numéro dansé entre Verra-Ellen et Danny Kaye le reste est parfaitement oubliable. Ce n’est pas particulièrement drôle et encore moins émouvant. Un film parfaitement évitable. Le genre a donné tellement de succès que je ne vois pas l’intérêt de perdre son temps.


Date de sortie :  1 octobre 1954 (2h 00min)

Réalisé par :Michael Curtiz

Scénarisé par :  Norman Krasna, Norman Panama, Melvin Frank

Bande annonce :

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