Star Wars IX, les raisins de la colère

Voilà déjà bien longtemps que j’avais laissé ce blog sans vie. Seule la régularité peut avoir raison de mon manque d’entrain, et mon dernier cinéma, remontant à plus d’un mois je me suis laisser allez. L’envie était bien là, mais ma fainéantise a pris le pas. Voyant se profiler un possible abandon, un miracle est advenu. La lumière blanche au bout du tunnel, a pris la forme d’une franchise accusant 42 ans au compteur. Le teaser, trailer, bande-annonce, appelez ça comme vous voulez, de Star Wars, à su réveiller la bête en moi, qui hiberner. Je vais en quelques mots essayer de comprendre ce qui me révulse tant dans cette nouvelle trilogie, et tenter d’en extraire les qualités.

Pour commencer, la répétition de la trame narrative de la première trilogie, me gêne énormément. Alors certes, on pourra y trouver des raisons, propres aux thématiques soulevées dans ces nouveaux opus. Mais le déficit d’écriture ne génère en moi qu’un sentiment de redite. Quand bien même elle voudrait se placer en miroir des précédents, faire valoir les erreurs d’une génération et les conséquences sur la nouvelle. Quand bien même, elle voudrait montrer dans la répétition, que l’importance des choix peut tout faire basculer. Le manque d’âme dans le script, et la caractérisation déficiente de tous les personnages entourant les antagonistes principaux, ne font que ressortir le calque, et non pas la sève d’une nouvelle mythologie censés remplacer celle existante.

Une Jedi qui ne se connait pas, abandonnée sur planète désertique, rêvant d’horizon nouveau, va se retrouver à fuir l’armée du premier ordre. Elle va participer à la destruction d’une arme effrayante, capable de détruire des planètes entières. Tout ceci, avec l’aide d’un pilote un brin chien fou, et d’un homme qui semble avoir des sentiments pour elle. Rentrant victorieuse de sa mission, la Jedi va retrouver le dernier Jedi connu, en vue notamment de débuter son entrainement. Un entrainement, qu’elle devra stopper en apprenant que ces amis sont en danger, pour allez les aider. Pendant ce temps, la résistance décimée, se retrouve acculée sur une planète recouverte d’un manteau blanc, alors que le premier ordre déploie son armée face à eux.

Mon résumé est quelque peu biaisé par ma mauvaise foi, mais il n’en reste pas moins réel. Certains événements n’ont pas exactement la même portée, et ne se succèdent pas forcément de la même façon que dans les films de Lucas, mais je ne suis pas sûr qu’il était nécessaire de pousser les similitudes à ce point, pour développer les thématiques que j’ai pu aborder un peu plus haut. Sachant que je n’aborde pas, dans ce résumé, toutes les similarités qui jalonnent l’histoire. En plus, l’approche d’Abrahms et de Johnson sont radicalement différente. La ou le premier est dans une déférence limite obséquieuse de faiseur sans génie, qui veut casser ce qui a était fait tout en le révérant à chaque instant. Johnson, quant à lui, s’amuse en permanence à piétiner le passé, tout autant que le film précédent, quitte à laisser cette nouvelle trilogie dans un total status quo.

À la fin de The Last Jedi, comment peut-on avoir une quelconque attente pour la suite. Cette saga manque totalement d’ampleur. L’écriture est totalement resserrée autour de ces personnages, et aucun contexte n’est jamais poser. Rien, ou presque, ne nous fait ressentir la chute d’une nouvelle république. La défaillance d’un monde nouveau dont l’émergence fut permise par le courage, mais où les défaillances morales en ont creusé les sillons futurs de sa chute. Mais, je conçois que ceci puisse être concomitant à la nature même de cette nouvelle trilogie. Une trilogie qui désire mettre en avant l’individu, et à travers lui, stigmatiser les maux de la société. Ceci aurait pu être efficace si ces mêmes personnages étaient intéressants à suivre.

Un trio de héros qui n’ont aucune alchimie, et quasiment jamais vraiment le temps d’en mettre une en place. Peu de vécu partagé, peu de dialogue ou de situations vraiment marquantes, qui auraient pu instituer, à travers la narration une vraie symbiose et une empathie pour ce groupe. Finn et Dameron n’ont aucune épaisseur et ne sont finalement identifiable qu’à travers des caractéristiques qu’ils empruntent à leurs aînés. Poe quasi absent du premier volet, qui connait une évolution assez poussive et parfois incompréhensible par la suite. Finn qui fait du surplace, son arc scénaristique étant similaire entre les deux films. Le désir de sauver Rei qui l’amène à participer à une entreprise bien plus grande, et à faire corps à son « corps » défendant avec la résistance, malgré ses résistances à les rejoindre officiellement.

Pourquoi répéter tout ceci, comme si les péripéties du premier film, ne suffisaient pas à rendre évidente son incorporation au mouvement. À croire que son enlèvement et son entrainement forcé, l’assassinat de tout un village, la destruction de plusieurs planètes ne sont rien. Il lui fallait cette discussion niaise, avec DJ, sur la moralité toute relative des marchands d’armes et voir trois enfants exploités dans une écurie, pour comprendre la justesse et la nécessité du combat contre le premier ordre. Tout ceci souligne la vacuité de cet arc dans The Last Jedi, qui est redondant avec ce que Finn vit dans le métrage précédent.

Le seul personnage réellement intéressant, restera Kylo Ren. Miroir inversé de Luke, perdu dans la force, tenté par le bien, mais désirant ressembler à ce grand-père qu’il n’a jamais connu. Désirant créer sa propre histoire, à travers un mythe que son esprit magnifie, pour échapper à l’héroïsme pesant de sa famille. Désirant faire perdurer l’héritage qu’il s’imagine être celui de Vador. Sa relation avec Rei est également intéressante, lui, cherchant à échapper à l’héritage familial pour se construire, là où elle, recherche cette construction par le biais de cet héritage qu’elle poursuit. Le poids de ses origines, connues ou inconnues, qui influe sur des choix de vies reste central à la saga. Mais, aussi intéressants que puissent être ces deux personnages, la mise en oeuvre manque souvent de finesse.

Il est également impressionnant, de se rendre compte à quel point, cette trilogie pensée pour en être une dés sa mise en branle, n’a pas du tout était pensé comme telle. Deux réalisateurs, qui n’ont à aucun moment collaboré, et des films qui se sont fait en devant subir les choix du prédécesseur. L’arrivée des premières images The Rise of Skywalker est loin de me rassurer. JJ semble faire ce qu’il sait faire, avancer son histoire en pillant dans le passé, privilégiant le divertissement au propos. Devant l’absence d’antagoniste de poids, on titille le fan, en faisant resurgir d’un passé pas assez mort, les icônes du passé. Il est vrai, que Johnson, n’ayant symbolisé le premier ordre qu’à travers un général incapable, veule et lâche et un préado colérique, il fallait trouver de la matière pour créer un enjeu. Tout aussi passionnant que puisse être Kylo sa représentation est bien souvent ratée, et flirte trop souvent avec le grotesque, alors qu’au détour de certaines scènes on peut voir Driver parvenir à lui apporter subtilités et émotions.

Malgré tous mes doutes, je garde l’espoir d’être surpris, une bande-annonce n’est pas forcément le meilleur révélateur du ton et de l’orientation d’un film. Mais quand bien même le film serait réussi, cette trilogie resterait pour moi un échec, en ayant, à des degrés différents, raté ces deux premiers volets. De toute façon, rendez-vous le 18 décembre dans un univers très très lointain.


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