Père Noël Origines, conte horrifique en finnois mineur

Père Noël Origines, conte horrifique en finnois mineur

Mes pérégrinations de fin d’année dans l’univers cinématographique de Noël me mènent au plus proches de ses origines. En effet, cette fois-ci c’est du côté de la Finlande que je vais traîner ma doudoune. Avec un film, qui était parvenu vers nos rivages en 2011. Arrivée qui c’était faite dans la plus grande discrétion. Bien que le film ce soit malgré tout taillé une bonne réputation. Après des films plutôt bon enfant où la morale est sauve. Après un film profondément marqué socialement, mais imprégné de douceur. Je m’attaque enfin à un film qui tâche, emmenant Noël du côté horrifique. Voici, de quoi cela nous parle, une excavation en cours à proximité de la Finlande et sur le point de mettre à jour la tombe du père Noël. Comme dirait Jack Slater « Monumentale erreur ».

Alors, dés les premiers instants on peut remarquer deux choses une réalisation et une photo fort intéressante. Le tout, malgré un budget qui semble friser le ridicule. Et une écriture, certes convenue, mais non dénuée d’efficacité. Ne vous attendez pas à de grandes surprises, en tout cas dans les deux premiers tiers du film. Deux enfants brisant les règles apprennent une chose qui aurait dû leur être cachée. Le plus jeune, semblant le plus naïfs des deux, va développer une certitude. Celle qui pourra peut-être les sauver. On sent l’hommage envers un certain cinéma des années 80, mais qui ne sombre pas non plus totalement dans la redite. Ne serait-ce que le contexte et le détournement d’un mythe, qui n’a pas l’habitude d’être traités de la sorte, assoit ses différences.

Mais, il n’empêche, que dans ses deux premiers tiers le sentiment d’emprunter des chemins balisés se fera ressentir. Traité le père Noël comme un boogeyman et certe réjouissants, mais la durée du métrage ne dépassant pas les 1h19. Il est dur de développer une narration efficace. Il en ressort une forme de précipitation qui pourtant n’empêche pas un gros ventre mou. Un ventre mou qui ne cède pas au caprice du spectaculaire et fait avancer son histoire. Mais qui malgré tout ne se démarque pas assez de la production habituelle pour totalement accrocher le spectateur. Le casting réduit au strict minimum ne permet une interaction plus poussée qui aurait généré des rebondissements plus accrocheurs.

Le film se divise entre la partie adulte incrédule, et enfantine qui comprend immédiatement le mystère sous-jacent. Malheureusement, la dynamique de cette seconde partie n’est assurée que par un enfant. La découverte de la vérité et la volonté de la faire comprendre aux adultes sont du coup un peu plates et ne peuvent pas profiter d’une dynamique de groupe. Dynamique classique des films des années 80. Néanmoins, j’ai fortement apprécié la compréhension du genre par son réalisateur. L’enfance, sa naïveté, est utilisée ici comme le seul vrai moyen pour comprendre les horreurs du monde. C’est en croyant dans la vertu des mythes que l’on peut en appréhender leur possibilité horrifique.

Il en résulte qu’une certaine forme d’innocence est un rempart contre le mal au contraire d’un cynisme typiquement adulte. Comme je l’ai déjà souligné plus haut j’ai fortement apprécié la mise en scène du film. Ses lents travellings oppressants. L’utilisation de ses décors glauques au sein d’un paysage virginal. Son montage efficace. L’utilisation du générique pour faire avancer l’histoire. Et j’aime particulièrement une fin tout en cynisme désabusé. Dénonçant le mercantilisme de Noël. Il est amusant de constater que le héros passe symboliquement à l’âge adulte suite à ses exploits. Mais aussi en ne voyant que le potentiel commercial de l’exploit qu’ils viennent d’accomplir.

Un film assez court pour ne pas ennuyer, même si j’ai pu évoquer de nombreuses fois un certain ventre mou. De bonnes idées qui parsèment l’histoire. Une réalisation enlevée appuyée par une musique qui rend hommage aux images. Une direction de la photo assez impressionnante. Les teintes verdâtres dans l’abattoir lors de l’affrontement avec « l’elfe » sont de fort belle facture. Tout ceci fait que je conseille le film. Mais je tient à préciser qu’il n’est absolument pas effrayant. Tout au plus, une certaine ambiance, par moment, parvient à s’en dégager. Mais la durée du récit ne permet pas de laisser le temps à celle-ci de montée jusqu’à être indicible. Une série B fantastique sympathique et bien au-dessus de la production américaine habituelle du genre.


Date de sortie :  14 décembre 2011 (1h 24min)

Réalisé par : Jalmari Helander

Scénarisé par :  Jalmari Helander, Jalmari Helander, Juuso Helander, Petri Jokiranta, Sami Parkkinen

Bande annonce :

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