Le pire de 2018 sur grand écran… Ou pas

Alors cette année, mes plus grands regrets arriveront assez tôt. Même si cela reste relatif, nous sommes tout de même le 24 décembre. Actuellement en plein rattrapage des quelques films que j’ai pu rater en salle, je m’octroie une petite pause. Une pause qui va me faire replonger dans mes déceptions, mes crises d’énervements et autres souffrances que j’ai pu subir. Évidemment, mes déceptions me sont propres et sont conditionnées par les films que j’ai vus. Certaines évidences n’apparaitront pas, car j’aurai eu la sagesse de les éviter. Ne vous attendez donc pas aux quelques comédies françaises qui déjà vous traversent l’esprit. Sur ce, plongeons-nous dans mes plus noires turpitudes et trempons la plume de ma vindicte dans l’encre de mon fiel.

Les super-héros sont morts

Entre Marvel et DC, cette année, pas moins de 7 films sont sortis en salle. Le tout, ayant rapporté la modique somme de 6.2 milliards, à l’heure ou j’écris ces lignes. C’est dire la part énorme que prend le genre dans l’industrie du divertissement. Mais pour autant, la qualité est elle au rendez-vous. Cela ne va pas surprendre ceux qui ont l’habitude de me lire ou qui me suivent sur les réseaux sociaux. Cinq de ces métrages ont provoqué en moi des bouleversements que je n’avais plus ressentis depuis l’adolescence. Une poussée de haine irrépressible, suivie d’un désappointement que seul le désespoir peut vous susciter.

Black Panther et Avenger : Infinity War, deux purges survendues. Je ne comprends toujours pas les louanges qu’ont reçues ces deux films. Plus vide que mon cœur à la Saint Valentin. Ces deux films se sont vendus par le biais d’un concept aussi épais qu’un filigrane. Celui d’être une apologie de la culture noire dans un film de divertissement, pour l’un. Et de voir enfin l’arrivée de Thanos, pour l’autre. Au delà de ça, ces films n’ont rien. Une photographie absente, des effets numériques parfois tout simplement affreux, des antagonistes aux plans ridicules tout juste contrebalancés par un certain charisme.

On passe sur l’humour qui, quand il n’est pas omniprésent, réussit l’exploit de s’installer toujours au pire moment. Parvenir, à ce point, à gâcher toute forme de dramatisation dans son film, est un exploit en soi. Une forme de talent même. Rappelons, que ce magnifique film identitaire qu’est Black Panther, nous présente un pays imaginaire. Pays imaginaire ayant vécu dans l’opulence et l’autarcie. Ayant laissé sombrer le continent africain, sous le joug de puissances étrangères. Ayant laissé se pratiquer l’esclavage. Laissant certains pays dans la misère et les guerres internes, sans jamais intervenir. Mais sous prétexte qu’ils sont beaux, tellement cools et se tapent deux fois la poitrine pour se dire bonjour, tombons en extase devant cette représentation si humaniste d’un pays fictif.

Et encore, si cela était le seul problème. Je passe le manque d’imagination de certaines scènes, qui rappellera d’autres films bien meilleurs. Mais je voulais juste revenir sur le plan de Killmonger. Ce génie du crime, ayant plus de morts à son actif que toute la filmographie de Max Pécas, a une idée brillante. Il désire faire parvenir des armes aux agents dormants du Wakanda dans les pays étrangers. C’est-à-dire qu’il compte renverser des États en équipant des Wakandais, qui, comme son père peuvent être passés totalement à autre chose, de lances qui font piou piou. J’en viendrais presque à regretter, qu’il ne parvienne pas à allez jusqu’au bout.

Avengers : Infinity War, quant à lui est avant tout moche. De nombreux effets sont affreux. Les frères Russo sont d’horribles metteurs en scène. Et leur incapacité à mettre en valeur ce qui est écrit dans le scénario et juste compensée par une profusion numérique. Profusion qui donne à croire que l’on vient de voir un grand spectacle. Mais je me rends compte que je me laisse déjà trop allez, alors que je suis loin d’avoir fait le tour de ce que je voulais parler. Car maintenant, voyons trois films qui ont réussi l’exploit d’être encore pire que les deux dont je viens de vous parler avec amour.

Deadpool 2, Ant-Man et la Guêpe et Venom. Deux d’entre eux essaient de jouer avec le capital sympathie qu’avait pu apporter leur première itération. Et le dernier, une aberration sorti tout droit de l’esprit d’un génie du mal. Deadpool 2 est une horreur en forme de rollercaster. Une idée de producteur tout juste sevré, ayant eu la certitude que le succès du premier ne pouvait qu’être dû à son humour faussement subversif et à sa violence mon petit poney. Oubliez tout enjeu, toute dramatisation. Ce n’est pas comme si le premier avait donné à voir un antagoniste solide, des moments dramatiques ou la verve humoristique de son héros ressemblait plus à un coup de pied aux couilles de la mort qui lui était promise. Non, cette fois-ci, juste du vide noyé sous des péripéties ineptes.

Ant-Man et la Guêpe, le bouche-trou du MCU. Le film que l’on balance en attendant la suite. L’entracte le plus long et le plus couteux de l’histoire du cinéma. Scott Lang n’a strictement aucune implication personnelle dans une histoire ou il se retrouve intégré de façon totalement artificielle. Et, habitude du MCU, un méchant aussi charismatique qu’un bigorneau sur un lit de sauce blanche. Venom est une succession de scène ridicule à la mise en scène absente et d’une mocheté absolue. Un héros que l’on nous présente dans l’introduction comme un journaliste intrépide et qui, 6 mois après son renvoi, semble avoir peur de son propre reflet. La plus grande incohérence de ce film, qui en est truffé, c’est d’avoir rapporté plus de 800 millions.

La musique est morte

Cette fois, ce n’est pas moins de deux petites merveilles qui m’ont agressé la vue cette année. Tout d’abord The Greatest Showman, petit enchantement aux chansons sirupeuses qui ferait tomber le moindre diabétique dans un coma immédiat. Malgré tout, on pourra me rétorquer qu’elles ont pour elles d’être efficace. Et pour certaine, d’être joliment mise en scène. Et dans ma magnanimité légendaire, je vais vous l’accorder. Ici, je tiens à revenir sur le fond, de l »histoire du film. Que nous présente-t-on ici ? Deux blancs, un jeune et un autre d’âge moyen, autour desquels, tout va tourner. C’est-à-dire que le film nous est présenté comme étant une apologie à la différence, alors que c’est une purge à l’idéologie infâme.

Les « freaks » n’ont aucune caractérisation, et ne vivent qu’à travers les désirs de Barnum. Les femmes, n’ont également aucune existence propre. La femme de Barnum n’est qu’un moyen, un pion dans la narration. Elle symbolise la réussite de ses désirs d’enfant, puis sa rédemption. Aucune caractérisation, hormis celle d’être celle qui élève ses enfants. Et même lorsque’elle le quitte, ce n’est que pour mieux revenir et symboliser sa rédemption. L’intérêt amoureux de Zac Efron n’est pas mieux servi. Un personnage absolument vide de sens en tant que tel et présent uniquement pour appuyer l’émancipation du bon petit Zac.

Je vous vois venir. Je surinterprète, je vois le mal partout. Je vous rappelle comment nous est présenté le seul autre personnage féminin étant mis en avant. C’est une femme forte, qui vit ses rêves. Doté d’un caractère affirmé et reconnu pour ses talents. Oh seigneur, avais-je donc tort de dire tant de mal de ce film ? Étrangement, je vais être obligé de vous dire non. Au-delà de sa caractérisation initiale, le personnage interprété par Rebecca Ferguson est une femme qui n’hésite pas à solliciter Barnum sexuellement et qui l’abandonne lorsque celui-ci refuse. Quitte, à ce que cela le ruine financièrement. Donc la seule femme forte, indépendante et brillante nous est présentée de la plus vile des façons. Quelle belle ode aux minorités.

The Bohemian Rhapsody peut être la pire chose que l’on pouvait faire avec un matériel aussi riche. Une narration d’une pauvreté absolue. Des effets de mise en scène qui semble sortis d’un autre âge. Une première partie voguant entre raccourcis et péripéties niaises sur la formation et le début du succès d’un groupe. Le tout étant narré de façon si commune que cela pourrait être repris dans à peu près n’importe quel film parlant d’un groupe, fictif ou réel. La seconde partie, quand à elle,  nous plonge de façon très mécanique dans la part sombre de Mercury. Tout en emphase, et sans émotion. Le film ne parvient jamais à nous plonger dans la destinée d’un homme.

Il n’en ressort qu’une success-story sans âme, que seuls les titres de Queen parsemant le film, parviennent à sauver. Je ne détaillerai pas ici la fin, qui réussit la prouesse, de faire converger de la plus artificielle des façons une multitude de résolutions. Le tout pour créer une émotion factice quand le concert du Live AID débute. Le public du concert en total numérique, aurait poussé au suicide des membres de Weta et d’ILM. Une bouillie infâme, qui a probablement poussé le réalisateur, à cadrer au plus prêt son acteur principal quitte à se priver du gigantisme du moment.

Remake, suite, action, fantastique quand l’horreur s’empare de nos salles.

Oui je sais, j’ai déjà été bien trop long. Donc je passerai brièvement sur quelques films qui ont nourri mes désirs de mort tout au long de l’année. Overlord et La Nonne, symptomatique du cinéma d’horreur d’exploitation actuel. Un cinéma dénué de tout, sans intentions artistiques, sinon celle d’avoir un faible coût de revient et de pouvoir se produire à la chaîne. L’assurance de rentrer dans ses frais, en nourrissant un public d’abrutis dont je fais partie. Amoureux du genre et stupidement prêt à supporter n’importe quelle infamie. L’espoir chevillé au coeur que le prochain sera la petite perle à laquelle nul ne s’attendait.

Ocean’s 8, voilà encore un film qui cherche à ne se vendre que sur son concept. Évacuant l’inanité de ce qui nous est présenté à l’écran, devant le devoir de représentativité. Écris par un scénariste se remettant tout juste d’un AVC et mise en scène avec torpeur, par un faiseur sans talent. Un réalisateur qui cherche à singer l’originalité de ce qu’il copie sans jamais essayer de le comprendre. Pour finir, je tiens à mettre en avant Skyscraper et The Meg. Deux films, qui en partant d’une idée de départ tellement conne. On en viendrait, à espérer y trouver un plaisir régressif d’adolescent turgescent devant le catalogue lingerie de la redoute. Au bout du compte, ils parviennent tout juste, à nous faire ressentir la gêne, que le même ado a ressentie la première fois ou il est venu encore plus rapidement que Jason Biggs dans American Pie. Ce petit moment embarrassant ou l’on préférerait être ailleurs et n’avoir jamais à en parler. Mais mon honnêteté me force à me mettre à nu devant vous.

Et voilà, enfin fini ce petit article, que je ne m’imaginais pas devenir si long. Évidemment tout ceci et mon propre ressenti. Si vous avez adoré certains de ces films, vous avez parfaitement le droit d’avoir mauvais goût. Des films bien pires sont sortis cette année, mais soit je ne les ai pas vus, soit l’évidence de leur piètre qualité n’a pas su allumer en moi l’énervement que ceux-ci on su provoquer. À bientôt, pour le meilleur de 2018, qui sera bien plus rempli d’amour. Mais je l’espère tout aussi passionné.

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