Le Miracle sur la 34ème rue, HO HO HO !!!

Le Miracle sur la 34ème rue, HO HO HO !!!

Quoi de mieux que l’approche de Noël, pour visionner pour la première fois ce grand classique américain. Rentré à la National Film Registry depuis 2005. Le Miracle sur la 34ème rue est un de ces films rediffusés de manière régulière à l’approche des fêtes. Sur un scénario de Valentine Davies, qui se voulait être une réponse au mercantilisme galopant que symbolise de plus en plus Noël. Le film met en scène un vieil homme se prétendant le père Noël lui-même. Il est toujours drôle de voir à quel point un film a su instiguer une forme narrative et thématique qui sera par la suite usée jusqu’à percer le tissu de la réalité.

Faisons fi de toutes ces copies plus ou moins réussies. Et attardons-nous avec plus d’attention sur ce qui fait la réussite du film, ainsi que ces défauts. Les consommateurs de ce genre bien particulier arriveront en terrain connu. La femme active qui a perdu foi en l’amour depuis son divorce. Perte, qui la poussera à développer un rationalisme extrême qui sera l’essence même de l’éducation qu’elle prodiguera à sa fille. Persuadée que la croyance est la base de l’espoir. Et que par la même, en étant seulement remplie de certitude elle évitera à son enfant toute désillusion. Le voisin attentif, ayant une belle situation, proche de l’enfant et qui refera naître la passion amoureuse dans les yeux de la mère. Un vieil homme original, dont on ne saura jamais s’il est qui il prétend. Mais dont la foi en lui-même et ce qu’il représente sera communicative. Et bien évidemment tous les antagonistes représentant le cynisme ambiant qui se verront confronter à la nécessité de croire et d’accepter le merveilleux.

En l’état, le film est réellement efficace. Les acteurs sont terriblement attachants ou délicieusement détestables. Edmund Gwenn dans le rôle de Kris Kingle, incarne un père Noël que l’on est obligé d’aimer. Héros terriblement attachant qui stigmatise l’impossible compréhension d’une certaine forme de naïveté chez l’adulte. Le ton du récit oscille entre le burlesque, le comique de situation et la douce mélancolie. Il est mis en avant le besoin de l’imaginaire, et de nourrir celui des enfants. L’attention du spectateur n’est jamais prise en défaut. Le rythme est soutenu, tout en sachant parfaitement développer ses protagonistes. La mise en scène se révèle très dynamique et n’hésite pas à jouer très souvent avec le mouvement. Travelling, panoramique, zoom… Elle suit au plus prêt les différents acteurs et appuie la trépidance du récit. Le final se jouant pendant un procès rocambolesque ou le merveilleux prends place au sein même des institutions. Forçant celles-ci à reconnaître une réalité intangible.

Tout ceci rend parfaitement compréhensible le fait que le métrage soit devenu un classique de fin d’année. Mais il ne s’en dégage pas moins une forme de cynisme assez désespérante. La sensation que l’auteur en cherchant à dénoncer et à valoriser un modèle différent. Fais plus un constat amer d’une situation qui de toute façon perdurera. Tout élan de générosité se verra subverti au profit d’intérêts commerciaux. Des faux témoignages pour éviter une mauvaise publicité, un juge partial, car des élections approchent… tout ceci appuient une vision du monde assez désabusé. Et il semblerait que le seul espoir de son auteur est que peu importe les intentions et les raisons qui vont pousser les gens à croire. Le principal c’est qu’à travers toute cette ironie, l’enfance grandisse à l’aune d’une morale qui en fera une génération d’adulte plus digne et respectueuse des mythes.

Autre point assez gênant par rapport aux intentions avouées du film. Cette quasi-célébration du magasin Macy, le symbole même d’un mercantilisme désenchanté. Le film à aucun moment ne remet en question la nécessité d’offrir des biens matériels. D’ailleurs sa résolution se fera par l’acquisition d’un bien qui confortera Susan Walker interprété par Natalie Wood dans le bien fondé de croire en Kris Kingle. Au contraire de nombreux films de Noël ayant pu suivre, il n’est pas la célébration de l’amour et du partage. Le film, finalement, met en avant la nécessité de croire et de consommer. En cela, il n’est guère étonnant que Macy se soit associé au film et, est accepté d’avoir cette place prépondérante dans le métrage. Loin d’être invalidée, l’enseigne est tout au plus gentiment bousculée. La remise en question se faisant sur ses pratiques publicitaires. Pratiques consistant à générer un besoin quand le magasin ne possède pas un article. Plutôt qu’indiquer au client un concurrent l’ayant dans son inventaire. L’ironie est mordante quand l’écriture d’un scénario se voulait une réponse à la cupidité.

Malgré tout, le film reste enlevé et agréable à suivre. Le casting est attachant et le tout se laisse suivre avec grand plaisir. Si ce n’est le côté paradoxal entre ce qu’il souhaite défendre et ce qu’il semble nous montrer. Il demeure un côté charmant qu’il serait regrettable de bouder.


Date de sortie :  22 décembre 1947 (1h 36min)

Réalisé par : George Seaton

Scénarisé par :  Valentine Davies, George Seaton

Bande annonce :

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