Le Grinch, fable à l’amoralité sauve

L’inénarrable Ron Howard, à la filmographie soufflant le chaud et le froid, adaptait en 2000 le fameux conte du Dr Seuss. Adapter une histoire d’une soixantaine de pages à l’attention des plus petits n’est pas chose si aisée. Mais ne connaissant ni le livre ni le film, c’est le regard pur que j’entame mon visionnage. Le Grinch était un habitant de Who. Suite aux brimades et invectives subies dans son enfance, il décida de s’exiler tout en haut d’une montagne. En réponse à l’amour démesuré que portent les habitants à la fête de Noël, le Grinch lui vouera une haine farouche.

Depuis ma décision folle de vouloir parler d’un film de Noël par jour jusqu’au 25. Je ne vous cacherai pas que j’ai connu des joies et beaucoup de peines. Malheureusement malgré quelques qualités ce film rentrera dans la seconde catégorie. Ron Howard ne cherche jamais vraiment à s’extraire de la simplicité du conte de base. Et ne parviens donc jamais à transcender son histoire. Il ne s’approprie jamais le récit pour en faire quelque chose de merveilleux. Le Grinch ayant un cœur 1 fois et demie plus petit que les autres ne sera jamais utilisé autrement que comme démonstration de la résolution de l’histoire.

Résolution qui d’ailleurs arrive de façon tellement subite. Le père, tout à coup, voit son comportement résolument changer. Sans que rien dans l’évolution de la narration, ne soit amené pour. En fait, comment Howard à fait pour remplir son long métrage. C’est simple, il a laissé libre cours à Jim Carrey. Cabotinage à outrance, hurlement permanent. Le tout oscillant entre sketch assez efficace et gaudriole vulgaire pour un public non concerné. Alors que la musique de James Horner parvient souvent à nous emporter. La mise en scène peine à suivre. Cadrage débullé, violent zoom, contre-plongée. Tout est fait pour renforcer le grotesque et l’excès permanent. Alors que l’on a affaire à une fable, sur ce que devraient être les vraies valeurs de Noël.

Les thématiques sont présentes. Rejet de la différence, mercantilisme, la solitude entrainant une forme de violence en appel au secours… Mais ce qui fonctionne au sein d’un court récit à destinée de jeunes enfants, se doit d’avoir un vrai travail d’adaptation. Ici, l’on a droit à un long sketch de Jim Carrey de 1h45. Puis la morale sirupeuse que l’on nous balance à la gueule de façon inattendue telle une boule de neige. Aucune fluidité dans la narration, la qualité des décors n’est pas toujours vraiment bien mise en valeur.

Le réalisateur n’a pas su s’emparer du merveilleux, et il ne maitrise pas vraiment le grotesque. Et il nous sort comme souvent en guise de résolution une niaiserie tellement mal amenée qu’elle est semblable à la part de gâteau de trop, en fin de repas. Ce fut bon, mais quand on te ressert la même chose une dixième fois tu perds l’appétit. Et l’embarras gastrique n’est pas loin. Quelques scènes malgré tout sont vraiment drôles. Que l’on aime ou pas Jim Carrey on ne peut lui enlever cette énergie débordante. Même si souvent on aura plus l’impression de voir Ace Ventura ou The Mask que Le Grinch.

Il ne fera surement pas partie de mes meilleurs films de Noël. Poussif dans sa réalisation. Et malgré un travail sur le décor et les maquillages assez époustouflants de Rin Baker. Vous risquez de trouver le tout assez rapidement répétitif. Jusqu’à un final laborieux et sirupeux. Ce final vous ferait passer Rémi sans Famille pour une comédie de Frank Dubosq. Pour ceux l’ayant apprécié, prière de ne pas me jeter un sapin au visage. Tout au plus, contentez-vous de m’enguirlander, cela m’ira bien pendant cette période de fête.


Date de sortie : 6 décembre 2000 (1h 44min)

Réalisé par : Ron Howard

Scénarisé par :  Jeffrey Price, Peter S. Seaman

Bande annonce :

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5 réponses

  1. borat8 dit :

    Je n’aime pas ce film mais à côté de la grosse merde qui vient de sortir, c’est un chef d’oeuvre. Au moins le grinch est méchant, ils essayent de faire des péripéties et voilà. Dans le machin il n’y a rien. C’est juste le film de Chuck Jones en nul et avec 1h de trop.

  2. borat8 dit :

    D’ailleurs est ce que tu as vu le court-métrage de Chuck Jones ?

  3. borat8 dit :

    En gros c’est le dernier film en mieux, plus direct, mieux animé, et avec un grinch qui se fait plaisir.

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