Le Drôle Noël de Scrooge, un brin de magie victorienne

En 2009 sortait sur nos écrans Le Drôle Noël de Scrooge. Une énième adaptation, d’une histoire qui fut tant conté, qu’elle ne peut plus surprendre personne. Lecture fidèle du texte de Dickens, le film fait vivre les mots du célèbre romancier anglais de fort brillante façon. Pour un petit rafraichissement de mémoire, attelons-nous à revoir de quoi tout ceci nous parle. Ebenezer Scrooge avare, misanthrope venant de perdre son associé à la veille de Noël et l’une des personnalités les plus fortunés de Londres. Détestant Noël et ce besoin irrépressible d’offrir joie et cadeau en ce jour précis. Scrooge s’apprête une fois de plus à la vivre en solitaire. Mais lors de cette nuit, trois fantômes vont l’accompagner. A travers un chemin qui le changera totalement.

Il est dur d’aborder le film sans parler du brio de la mise en scène de Zemeckis. Qui une fois de plus prouve sa maestria à retranscrire l’émotion par l’image. Et à faire avancer sa narration par le biais du mouvement de sa caméra. Ceci dés l’introduction, ou les choix de cadres assoit les rapports de domination. Ses choix de cadre au plus prêt de l’objet de l’effroi ressenti par Scrooge. Une main tendue réclamant son dû, une poignée de porte bougeant sans raison. Cela appuie la distance qu’il y a entre nous et Scrooge. Tout en renforçant le sentiment de rejet qu’il a pour l’autre. Et par là même pour nous, le point de vue de la caméra nous plaçant au même niveau que la source de peur.

Le plan séquence d’ouverture pose le contexte remarquablement. La caméra qui suit Scrooge s’élève vers un plan zénithal, juste au moment ou un chien d’aveugle fuit la vision d’Ebenezer. La caméra faisant fin de toute gravité traverse les toits. Nous donne à voir, la fumée des usines au loin, d’une Angleterre en pleine révolution industrielle. Nous présente la misère sociale, à travers des enfants réclamant de la nourriture à travers une fenêtre. Elle donne à voir des ramoneurs travaillant en rythme. Image qui n’est pas sans rappeler Mary Poppins. Elle redescend au sol, passe subrepticement à travers des étals de marchands. Finis par suivre des enfants s’amusant. Pour finalement revenir sur Scrooge devant son bureau. Les enfants effrayés fuient à son approche. Le début et la fin du plan sont marqués par la fuite.

Une fuite qui symbolisera le parcours de Scrooge, une longue fuite en avant à travers le temps et les émotions oubliées. Lorsque les fantômes des Noëls passés, présents et futurs arrivent, le point de vue va changer. Il se fera au plus près de Scrooge. Le désir n’est plus de nous faire ressentir l’inhumanité du personnage, mais nous placer au plus près de son évolution. Au fur et à mesure de celle-ci la photographie va changer, la terreur va s’installer. La notion d’inéluctabilité et de destinée rentre en jeu. La compréhension d’une rédemption trop tardive fait jour. Sa solitude se fait plus prégnante. Et l’animosité qu’il suscite encore plus évidente. Tout ceci ne rend que plus compréhensible le changement radical final, et tellement positif.

C’est l’histoire d’un homme qui comprend être au seuil de sa vie. Qui subit une introspection forcée et qui réapprend les valeurs de l’empathie et du partage. Une histoire qui nous dit qu’il n’est jamais trop tard. Une histoire qui nous dit que la main qui se tend doit être celle de ceux qui possèdent. Une histoire tellement moderne valorisant l’humain contre un capitalisme forcené. Un film plein d’énergie, au montage et à la mise en scène pleine d’à-propos et de dynamisme. Une incroyable réussite pour un film que je trouve bien sous-estimé. Aidé qui plus est, par une prestation toute en générosité de Jim Carrey en pleine forme.


Date de sortie : 25 novembre 2009 (1h 36min)

Réalisé par : Robert Zemeckis

Scénarisé par :  Robert Zemeckis, Charles Dickens

Bande annonce :

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5 réponses

  1. borat8 dit :

    Pas ma version préférée. Zemeckis fait de belles scènes avec ses décors mais malheureusement les personnages sont trop lisses. En revanche c’est un film avec une certaine noirceur, ce qui est étonnant pour un film estampillé disney.

    • Lionel Bremond dit :

      J’ai énormément apprécié cette version. La maestria de Zemeckis y est pour beaucoup. Après je n’ai pas vu toutes les versions de l’histoire notamment Le Noêl des Muppets qui est souvent encensé.

  2. borat8 dit :

    Pas un fou du Noël des Muppets, par contre paye ton mouchoir pour Le noël de Mickey. Le passage du souvenir futur quelle horreur.

  3. borat8 dit :

    La meilleure adaptation vue jusqu’à présent. Réussir à te faire chialer avec Mickey il fallait le faire quand même.

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