La Bûche, un film qui manque cruellement de sucre

En 1999 Danièle Thompson, scénariste déjà fort expérimentée, passe pour la première fois derrière la caméra. Sur un scénario coécrit avec son fils. La réalisatrice nous conte l’histoire d’une famille qui, à quatre jours de Noël, va voir leur certitude s’envoler en fumée. Avec plus 1,6 million d’entrées, 4 nominations au césar dont une récompense pour la prestation de Charlotte Gainsbourg le film fut un vrai succès critique et public. Il n’empêche, est ce que 19 ans plus tard, le film reste toujours aussi agréable à regarder.

Le film, dés son introduction, nous dévoile quel sera le ton du reste du métrage. Tout démarre sur une caméra se baladant en ville, au milieu des décorations de Noël. Jingle Bells en fond sonore se succède à l’image jouet, visage d’enfant émerveillé, illuminations. Une enseigne bonne fête s’illumine, la musique se coupe pour passer aux fleurs décorant un corbillard. Tout le film sera ainsi. Au milieu d’une bonne humeur ambiante, les faux semblants vont éclater. Une chronique douce-amère non dénuée d’humour. La rythmique des dialogues, le téléphone du mort qui sonne pendant l’enterrement. La aussi nous sommes prévenus d’emblée. Les thématiques sont lourdes, mais la forme gardera cette légèreté propre aux films de Noël.

Décès, tromperie, enfant caché, secrets familiaux qui se révèlent, l’approche de la mort… Le film foisonne à chaque instant et nous délivre tous les atermoiements familiaux possibles. Et si les dialogues sont finement ciselés et interprétés par une chorale d’acteur en pleine forme. Le film n’en reste pas moins pétri de défauts. Thompson ne parvient jamais à rendre prégnante à l’image l’énergie que ses dialogues nous renvoient. Tout dans la mise en scène est assez plat. Par exemple sa façon de briser le quatrième mur qui me semble, finalement, assez peu utile. On sent le film de scénariste qui fait avancer sa narration que par le biais de ses dialogues.

Il en résulte un côté ronronnant. Un cruel manque de folie qui viendrait dynamiter un film qui n’ose jamais sortir de la facilité. Du coup dans sa résolution, qui devrait être source d’émotion. On a bien malgré nous un défaut d’attention à ce qui se déroule sous nos yeux. Je ne comprends pas non plus l’intérêt d’avoir choisi le format 2:35 pour un film d’acteur aussi souvent tourné en intérieur. Thompson profite assez peu d’un scope aussi large. Et de toute façon quand elle le fait il ne semble pas y avoir réellement d’intention particulière sous-tendue.

Le montage reste assez efficace. Et la juxtaposition de certaines scènes permet de déclencher un effet humoristique certain. Un film brillant dans ses dialogues et dans la peinture de cette famille. Mais à la mise en scène sans âme et trop proprette qui dessert son scénario. Des acteurs impliqués et tous brillants avec notamment un Claude Rich particulièrement savoureux. À voir, mais clairement oubliable.


Date de sortie :  27 novembre 1999 (1h 46min)

Réalisé par : Danièle Thompson

Scénarisé par : Danièle Thompson, Christopher Thompson

Bande annonce :

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6 réponses

  1. Borat8 dit :

    Je me souviens m’être assez ennuyé devant ce film. Même le casting n’a pas aidé.

  2. borat8 dit :

    Gérard faisait de meilleurs films en effet, même avec des scénarios signés par elle. J’ai de grandes craintes pour son Rabbi Jacob 2…

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