Jessica Jones, la der des der

C’est la fin de 4 ans d’aventure, 4 années compliquées qui ont souvent soufflé le chaud et le froid et qui ne se sont pas toujours révélées totalement réjouissantes.Je ne me distinguerai pas énormément en disant que Dardevil, restera pour moi la grande réussite, de l’univers Marvel décliné sur Netflix. Tant visuellement, que thématiquement, la série à toujours su se montrer incroyablement riche et se doter de personnages impactant qu’elle a su toujours mettre en valeur. Mais il faut savoir que pour moi, et malgré les critiques que j’ai pu lui porter, Jessica Jones restera la deuxième dans mon cœur. Si elle était parfois pénible à suivre dans sa narration (facilité, incongruités scénaristiques), elle n’en demeurent pas moins celle qui aura poussé le plus loin ses thématiques. Être en parfaite osmose avec le réel tout en ne négligeant jamais son aspect divertissant. Car, divertissant, n’est pas un gros mot quand il est la pour illustrer le désir de raconter une histoire et non pas abrutir un public par de vaines circonvolutions homériques mettant en scène des héros stéréotypés prétendant souhaiter sauver un monde sans consistance et une humanité qui semble ne jamais exister.

Marvel’s Jessica Jones

Les défauts inhérents à la série et au format restent malgré tout présents. Peu importe les émotions qu’elle aura su susciter en moi, il peut être pénible de devoir une fois de plus subir certaines longueurs, en raison de la nécessité de conserver 13 épisodes par saison. Décision en dépit du bon sens qui privilégie une uniformisation au détriment de l’histoire à raconter. Cette saison, encore on aura droit à deux épisodes qui, malgré leurs qualités, briseront le rythme global et alourdiront la narration en cherchant à tout pris, à illustrer ce qui était déjà compréhensible et aurait pu rester dans la zone floue du non dit sans perdre le spectateur. A.K.A You’re Welcome le deuxième épisode, cherchant à boucher les éventuels trous narratifs générer par le pilote et A.K.A Hellcat le 11e épisode faisant écho au second épisode et dévoilant, en changeant le point de vue des événements vus auparavant, la plongée dans l’abîme d’un de ses protagonistes.Et s’ils appuient la charge émotionnelle du récit, ils nous en sortent en même temps, en ne parvenant pas à le fondre au sein de son histoire qui perd toute fluidité. C’est vraiment un procédé que je trouverais presque « anti cinéma », et qui souligne l’une des nombreuses différences qui séparent encore la série du cinéma.

On pourrait également mentionner, cette incapacité patente à être cohérent avec les capacités extraordinaires de son héroïne, qui peut soulever un kiosque, déplacer des voitures, mais éprouve les plus grandes difficultés à assommer un serial killer en lui disant bonjour avec son pied. Mais après trois saisons, force est d’admettre que cette série n’a jamais vraiment eu la volonté de se fondre complètement dans le moule, et n’a toujours eu que le désir d’utiliser le médium pour nous parler de l’humain et de sa place dans la société, ainsi que des difficultés auxquelles les femmes doivent faire face pour y trouver leur place. La série va traiter d’addiction, du viol, le trauma et les différents biais pour y échapper, le harcèlement, la justice et sa perception… à travers ses héroïnes fragiles, humaines et incroyablement fortes la série nous dépeint un quotidien qui enferme et cherche à broyer l’individu. Un quotidien qui dicte ce que l’on doit être, et l’image que l’on se doit de renvoyer, notamment à travers Trish Walker ou le refus de se fondre dans la norme en s’extrayant volontairement de celui-ci et en refusant d’admettre ses propres émotions et désirs avec Jessica Jones.

En centrant cette saison sur la traque d’un serial killer dont l’intelligence les dépasse, la série va une nouvelle fois aborder ses thèmes de prédilection. Sallinger va faire office de révélateur, sa noirceur et sa recherche de la « vérité » vont confronter tous les protagonistes à ce qu’ils sont et à ce que doit être la justice.Et les réponses ne vont pas forcément les satisfaire. Trish devra faire face à sa vraie nature et à son incapacité à sortir des douleurs que lui a imposées son enfance.Une mère autoritaire qui fut battue par son mari et reporta sur sa fille un désir ambivalent teinté d’égoïsme et d’altruisme en poussant sa fille à paraître ce qu’elle n’est pas.La ou Jessica soumise à l’absence et à la culpabilité va développer un désir d’ostracisme qui rentre en conflit direct avec son besoin d’aider les gens. En ayant retrouvé sa mère, autre femme abusée que la société préférera traiter en tueuse violente, elle va retrouver au centre d’un conflit moral opposant le bien d’autrui à celui personnel. Trish y mettra fin en abattant la mère de Jessica. Par là, la série nous montrera toute l’ambiguïté de la perception, l’enfant star face à la rebelle provocatrice, la mère présumé aimante face à la tueuse et nous questionne sur notre faculté à porter des jugements hâtifs basés plus sur notre morale que des faits avérés.

La blonde et la brune celle que tout oppose, mais qui furent deux sœurs. Celle que le public a toujours méjugée. L’une d’elles trouvera sa voie dans la drogue comme révélateur de ses capacités, la ou l’autre utilisera ses addictions pour oublier ce qu’elle est. Violence ou compassion, les deux seules sorties de secours quand on doit faire face aux injustices sociales, à la violence familiale. Au-delà de tout ceci cette saison nous raconte une histoire assez solide et la traque de ce serial killer, celle d’un homme désirant avant tout garder le contrôle quitte à user de violence, est narrer de façon fort intéressante même si certains flottement ne nu seront pas épargnés. Une fin terriblement douce-amère viendra conclure l’univers Marvel sur Netflix qui avec Jessica Jones aura su nous nous pondre de vrais personnages féminins fort et ambigu. Oublié Captain Marvel personnage inepte ou Wonder Woman niaise et sans importance, une femme boit, baise, aime… et doit s’opposer à un monde qui ne semble pas toujours l’accepter pour ce qu’elle est ou ce qu’elle désire être et ça cette série aura bien su si bien le mettre en image.


Jessica Jones une création de Melissa Rosenberg dont la saison 3 est ligne depuis le 14 juin sur Netflix.

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