Fantômes en fête, hystérie de fin d’année

Alors, pour dire l’entière vérité, critiquer un film de Noël par jour jusqu’à la date fatidique du 25 décembre sommeillait dans mon inconscient. Mais j’avais peur que ma fainéantise, qui mériterait de rentrer dans la légende, ne coupe court à toute velléité. Mais à la suite de ma première critique de Le Miracle dans la 34e rue ma volonté est toujours là. Le désir de parcourir à nouveau les fantômes cinéphiliques des Noëls passés toujours plus que présent. Ainsi donc à 22 jours de la date butoir je m’attaque à un film qui me semble quelque peu oublié. Que se soit dans la filmographie de son réalisateur ou dans celle de sa tête d’affiche ce n’est clairement pas le premier à s’imposer à notre mémoire. Il faut dire dire que le duo Richard Donner et Bill Murray ont à leur actif, pléthore de petites pépites qui ont marqué et marque encore l’histoire cinématographique.

Mais, de quoi nous parle Fantômes en fête. Et bien, c’est une énième digression autour du récit de Dickens Un Chant de Noël. À la veille de Noël un misanthrope invétéré va se voir confronté à la venue de trois fantômes qui vont lui faire revivre les Noëls passés, présents et futurs. Cette introspection forcée amenant l’homme bourru et acrimonieux à se remettre en question et à adopter « l’esprit de Noël ». Cet homme est ici joué par Bill Murray qui interprète Frank Cross le directeur de la chaine de télévision IBC. Et pour ceux aimant voir Murray cabotiner, sachez que vous allez être aux anges. Totalement en roue libre, Bill hurle et gesticule pendant 1h20. Parfois avec efficacité, mais bien souvent au détriment de l’histoire. Une histoire dont la narration laborieuse peu aidée par les errances de son acteur principal peine à susciter l’émotion.

En voyant ce film, je ne peux m’empêcher de la rapprocher du film d’Harold Ramis Un Jour Sans Fin. Même tête d’affiche. Histoire similaire d’un homme aigri qui face à un élément surnaturel va être amené à changer de comportement. Et la comparaison se fait au détriment de son ainé. Tout est problématique dans l’écriture. Un humour burlesque qui sombre souvent dans le grotesque. Une problématique liée à la représentation de son héros qui dès le début du film semble hystérique. Comme tout le casting qui l’entoure joue de façon mesurée, cette divergence est censée créer un effet humoristique. Le problème c’est que l’absence permanente de mesure épuise et finit par rendre incompréhensibles les réactions des personnages qui l’entourent.

L’ensemble est très caricatural, les dirigeants sont froids, cruels ou lâche. Tandis que les employés ou ceux qui ne « possèdent » pas seront invariablement bons. En fait, tout les personnages entourant Frank Cross n’ont pas d’épaisseur et ne sont là que pour mettre en exergue ses défauts. Et ce qui semblerait être une critique de système télévisuel est trop grossièrement écrit pour avoir une portée vraiment pertinente. L’évolution même du personnage ne prend pas. Pour revenir sur un Jour Sans Fin l’évolution s’y intègre dans la narration, le tout est cohérent et l’identification n’en est que plus efficace. Ici, tout est précipité et se finit de la pire des façons. En effet, un monologue incroyablement moralisateur et naïf clôture de la plus singulière des façons le métrage. Alors que le film semblait se vouloir un tantinet impertinent, tout s’essouffle dans les dernières 20 minutes avec l’happy end le plus sirupeux de l’histoire.

Si vous êtes des fans de Bill Murray vous avez la possibilité d’y trouver votre compte, sinon passer votre chemin. Quitte à voir un film du même genre et avec le même acteur voyait et revoyait Un Jour Sans Fin. Drôle, fin et touchant, et avec un brin d’imagination dite vous qu’il se passe à noël.


Date de sortie :  20 décembre 1988 (1h 40min)

Réalisé par : Richard Donner

Scénarisé par :  Mitch Glazer, Michael O’Donoghue, Charles Dickens

Bande annonce :

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