Santa Claus, entre émerveillement et apnée du sommeil

Un an après l’inénarrable Supergirl, Jeannot Szwarc nous revenait sur grand écran, en 1985, avec Santa Claus. Doté d’un budget encore plus conséquent, 50 millions contre 35 à son prédécesseur. Ce qui ne l’empêchera pas de subir les mêmes affres de l’échec. Malgré tout, mérite-t-il son insuccès, et est-ce que le temps devrait nous faire réhabiliter ce conte de Noël. Passons rapidement sur le synopsis, le Père Nël surmené auprès des siècles de livraison cherche un assistant parmi ses elfes. Deux vont se singulariser et rentrer en compétition. Patch après avoir remporté la mise se retrouvera démis de ses nouvelles fonctions. Il quittera le pôle Nord et rejoindra la ville pour lancer ses propres jouets à distribuer. Et faire concurrence au père Noël.

Autant l’admettre de suite j’ai une certaine faiblesse pour cette décennie de cinéma. Même pour ses plus mauvaises productions. Des productions qui, parfois, savent allier une forme de mauvais goût ainsi qu’un charme suranné qui fonctionne pour moi. Et le cinéma populaire de cette période et très marqué dans son temps. Une sorte de formule liée à un contexte social et un cinéma de producteur dominant couplé à une certaine insouciance. Une décennie qui a formé l’imaginaire et dans laquelle la culture populaire actuelle pille sans vergogne tout en ne comprenant que cette alchimie est impossible à reproduire.

Mais, inutile de s’étendre plus longuement, et revenons au film concerné. Plusieurs critiques peuvent être formulées. Le métrage à un manque prégnant d’enjeu qui, si l’on ne rentre pas dans l’univers présenté, devient éprouvant à regarder. Pour dire simplement, il se passe bien 50 minutes avant qu’un élément perturbateur vienne nous secouer de notre torpeur. 50 minutes, durant lesquelles, n’ayons pas peur des mots, il ne se passe rien. Un autre de ces nombreux problèmes est qu’il semble ne pas savoir à qui s’adresser. En effet, le ton est très enfantin. Il se veut enchanteur dans son visuel, et un brin caricatural dans son écriture. Mais les points de vue semblent résolument adultes.

Les deux enfants qui sont mis en avant durant la narration ne le sont jamais vraiment. Ils sont des pions permettant de faire avancer l’histoire qui relie Santa Claus à son elfe Patch. Ce qui bien évidemment n’est pas un défaut en soi. Mais quand, tout dans le film, semble tourner vers l’enfance, jusque dans le traitement de son antagoniste, cela parait étrange. Tout semble centré sur cette histoire de relation symbolique père/fils, mais visuellement et dans l’évolution narrative cela s’adresse au plus petit. J’imagine que cela n’a pas dû aider le film à trouver son public.

Il n’empêche que des thématiques intéressantes en ressort. La notion de mythe se confrontant au réel pour redevenir mythe qui ne peut que perdurer dans la foi. Tout de même, ne nous emballons pas. Cela se trouve en tout début de film, et ce n’est jamais vraiment approfondi. Également, la fameuse relation père/fils. Patch voulant démontrer son indépendance et ses capacités a Santa Claus tout en désirant son approbation. Les difficultés de faire perdurer un certain esprit de Noël face à un monde moderne ne cherchant que le profit.

Après, tout n’est pas à jeter. La vision du pôle Nord et de la maison de Santa avec tous ses elfes est assez enchanteresse, et parvient à nous transporter. Les effets bien qu’ayant vieilli ont la beauté de leurs défauts. J’y trouve un maniérisme et un désir d’émerveiller assez touchant. Les acteurs sont plutôt impliqués. John Lightow cabotine avec bonheur cet entrepreneur détestable. Dudley Moore est parfait en elfe cherchant à s’émanciper. Et David Huddleston est un père Noël auquel on croit sans difficulté.

Il est regrettable, comme j’en parlais plus haut qu’il n’est rien fait des deux enfants. On ressent les influences de Dickens, notamment Les Grandes Espérances, mais on ne restera qu’à la surface de ce qui aurait pu être. Un film que je ne peux conseiller. Très peu d’enjeu durant les deux premiers tiers du film. Une partie du casting sous exploité. Une histoire qui semble ne pas savoir à qui elle veut s’adresser. Et malgré le charme daté de son visuel, ne nous épargne pas d’énormes lenteurs à son visionnage.


Date de sortie : 27 novembre 1985 (1h 47min)

Réalisé par : Jeannot Szwarc

Scénarisé par : David Newman, Leslie Newman

Bande annonce :

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