Ça : chapitre 2, c’est pas vraiment toi

Revenir après deux mois et demi d’absence ne se fait pas sans émotion. J’ai beau avoir posté fréquemment, sur twitter, mes avis légendairement pondéré, il n’empêche que revenir en ces lieux reste différent. L’impression de rentrer chez soi et de se remettre à bâtir les fondations de sa maison. Cela à beau, être du partage, il y a une part d’égocentrisme à vouloir offrir son avis dans un lieu ou l’on est le seul maître. Car ici vous êtes chez moi, et les seules divergences acceptées sont celles de moi moins et de mon surmoi. Donc, si tu es prêt à supporter mon totalitarisme éclairé revenons au film du jour. En préambule, je tiens à souligner que j’avais fortement apprécié la première partie qui, sans réussir à embrasser pleinement son caractère horrifique, savait jouer de l’émotion grâce à son cast chaleureux et à une mise en scène inspirée jouant sur le caractère bucolique en apparence d’une petite ville perdue au sein des États-Unis et du chancre qui infeste l’envers du décor.

Le film du jour, dès son introduction, pose problème. Précipitation épileptique visant à ramener le plus rapidement possible nos héros vieillissant dans leurs contrées natales, sans jamais chercher à poser leur nouveau contexte, sans jamais chercher à déclencher l’empathie pour cette nouvelle génération. Un enchaînement redondant visant à, tour à tour, présenter chacun des protagonistes rappelés à la « maison » par Mike Hanlon, le seul du groupe n’ayant jamais quitté la ville. Ce qui aurait pu être pardonnable si le nouveau contexte avait était posé au moment de leurs retrouvailles, mais que nenni. Le même procédé va être réutilisé au sein de Derry, chacun devant retrouver leur passé de façon individuelle. Chaque saynète donnant lieu à une séquence horrifique. Un procédé narratif d’une lourdeur incroyable dont la durée du métrage ne fait que rendre plus intolérable.

Malgré tout, tout n’est pas à jeter, la scène de retrouvailles au restaurant, parvient à déclencher une émotion palpable. La scène dans l’abri qui fut fabriqué par Ben également. Deux scènes où le passage du temps marque les peaux et les cœurs et fait rejaillir dans le film un brin d’humanisme dont il sait si peu faire preuve. Car à trop vouloir jouer d’une horreur incroyablement mécanique, comme pour compenser les reproches qui avaient pu être faits au premier, le film se perd complètement. Les effets horrifiques s’appuient souvent, sur des effets numériques pas du meilleur goût, et se déclenchent quasi systématiquement de la même façon. Une petite contre-plongée sur le clown pour finir par un effet de jaillissement bruyant et tapageur. En perdant l’essence du premier et en voulant donner au public ce qu’il avait pu réclamer Andy Muschietti perd son âme et le métrage la saveur qu’on avait pu lui trouver.

Le métrage est un corps putrescent au relent méphitique qui pourrit sous nos yeux en ne sachant jamais sur quels pieds danser. Il est quand même malheureux que les rares moments où l’émotion est palpable soient ceux mettant en oeuvre le cast du film précédent, redonnant à jouer la sève perdue. Le métrage par ailleurs, est assez vide et désincarné, à quelques rares scènes prêtes la ville est vide, mais pas un vide désespéré d’une ville qui se meurt, sous les coups de boutoir d’un mal millénaire qu’elle recèlerait en son sein, non, juste vide.

Le cast manque d’alchimie et certains acteurs ne sont même pas loin de frôler l’exécrable, Jay Ryan interprétant Ben Hanscom, en tête. Il est vrai que la narration n’aide pas, mais, là où un amour qui se conclut enfin en étant l’apogée de ce qui avait pu être mis en place lors du premier, retombe ici comme un soufflet. L’amour perdu et caché de Ritchie, joué par Bill Hader, parvient à lui seul à enfin déclencher une émotion salvatrice.En ne parvenant jamais à jouer d’un crescendo amenant vers un climax inévitable le film se perd en circonvolutions livides pour aboutir à un climax interminable. Un film peut-être pas aussi raté que mes mots semble le souligner, mais une vraie déception qui plus est en faisant suite à un premier métrage réussit.


Ça : Chapitre 2 de Andy Muschietti au cinéma le 11 septembre 2019 et d’une durée de 2h50mn

 

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