Avengers : Endgame et ça continue…

Avengers : Endgame et ça continue…

Je vous avoue, que j’avais quelques doutes sur la probabilité que j’entame cet article. Face à la déferlante envahissant la toile, l’utilité de rajouter sa petite voix au brouhaha commun, paraissait bien peu de chose. Malgré tout, plutôt que marmonner mes récriminations dans mon coin, je me sentait le besoin de coucher ça sur le papier. Car, peu importe les reproches que l’ont peu lui faire, cette saga qui c’est prolongé sur 11 ans, voit se clore une première page de son histoire. Une histoire qui est parlante sur ce que devient l’industrie du divertissement, et j’insiste sur le terme industrie. Alors que le public encense, voir adule, tout ce qui semble formaté, il a, avec une récurrence déconcertante, le plus grand mal a apprécier toutes propositions divergente. Ready Player One, par exemple, fustigé pour ses trop nombreuses références, alors qu’il n’avait de cesse de questionner l’humain et son rapport à la pop culture, ainsi que sa place dans une société virtualisant de plus en plus l’individu, voit ce qu’il dénonçait porter aux nues. Un monstre s’abreuvant à sa propre source pour générer une nostalgie factice, une bête autophage qui cannibalise les besoins factices d’une horde souhaitant être divertie sans penser.

Les mots peuvent sembler dur mais le film, durant ces 3 longues heures, ne cesse de s’auto citer, il ne cherche pas à raconter une histoire qui alimentera les mythes d’une nouvelle génération, mais juste à être un vecteur d’émotion artificielle. Une narration très mécanique, qui se veut testamentaire de certaines de ses icônes. On sacrifie toutes les possibilités qu’offrait la fin du film précédent sur l’autel de l’auto glorification. Pourtant le film démarre bien, la sensation de désespoir est prégnante. La scène d’ouverture sur Hawkeye, en caméra portée, replace directement les enjeux à l’échelle humaine. Mais tout s’effondre assez rapidement. L’ellipse temporelle, aurait pu être une vraie réussite avec un peu plus d’ambition. Tout est mise en oeuvre, pour orienter notre regard et la perception des enjeux en cours. Plutôt que de jouer sur l’ambiguïté des sentiments, entre le désir de retrouver les êtres chers, et un monde qui c’est reconstruit malgré tout, le film fonce sans subtilités sur le chemin le plus simple. Le monde semble vide et abandonné, alors qu’il reste tout de même 3.5 milliards d’habitants, mais il faut nous faire comprendre que rétablir l’univers tel qu’il était est la seule réponse. Si jouer avec l’affect de nos super héros est nécessaire, replacer tout ceci dans un contexte politique et social aurait pu être tellement passionnant. Après tout vouloir inverser les actions de Thanos n’est ce pas égoïste, dans un monde, certes endeuillé, mais qui vit potentiellement mieux.

De toute façon la volonté d’abandonner tous ces questionnements se voit très rapidement. En tuant très rapidement le Thanos du premier film, les Russo nous indiquent que nous allons avoir un nouveau métrage. Oublions ce « vilain » subversif, qui risque d’alourdir la narration, pour replacer un Thanos bien plus binaire ou sa cruauté est bien appuyé. Torturant Nebula sans états d’âme, déclarant vouloir annihiler toute notre planète pour avoir fait acte de rébellion. Un Thanos qui ne ressemble en rien a ce qui nous a était présenté auparavant, on sacrifie l’intérêt scénaristique pour éviter de diluer l’émotion autour d’Iron Man, Captain America et Black Widow. Mais le film n’est pas qu’a une facilité prêt, Captain Marvel, protagoniste sans consistance qui n’est la que pour servir de deux ex machina. Sa présence ne sert qu’à faire avancer le scénario, tombant sur Stark au moment opportun, aidant le groupe à supprimer Thanos, puis, en ne revenant qu’en toute fin pour détruire un vaisseau et ralentir le titan fou, des pouvoirs incompréhensible et sans limite, qu’on éloigne de notre planète pour des prétextes fallacieux. Mais la ne s’arrête pas les subterfuges mise en oeuvre, n’oublions pas la manière qu’ont nos héros préférés de retrouver la trace de Thanos, grâce à la puissante activité électrique générée par le pouvoir des gemmes. Mais pourquoi cette surcharge, n’aurait pu être noté que sur terre et sur la planète ou notre grand violet c’est réfugié, en effet toutes les planètes de l’univers ont subi le pouvoir du gant et ont donc était soumis cette vague de puissance que mesure Racoon dans le film.

Malheureusement, tout ceci ne s’arrête pas la. Scott Lang, qui pour on ne sait quelle raison, se retrouve persuadé que l’on peut, à travers l’univers quantique, ouvrir des portes spatio temporelles, et, alors qu’il n’est en rien scientifique, tout le monde donne du crédit à ses assertions par le biais de dialogues vide de sens. Tony Stark qui résout la problématique du voyage dans le temps en deux secondes trois dixième. Le tout s’enchaînant à un rythme effréné à se demander pourquoi ils se sont tous morfondu pendant 5 ans. Et la, le film qui semblait déjà ne pas avoir d’énormes ambitions, va totalement s’oublier dans une succession de scènes caressant son spectateur das le sens du poil. Toute les 11 années écoulés vont prendre vie sous nos yeux, avec pour objectif, de titiller le fan qui aime se voir remercier sa fidélité sur grand écran et mettre au devant de la scène l’amitié renaissante de Rogers et Stark et par là, réhumaniser la personnalité d’Iron Man. Car, il ne faudrait surtout pas passer à côté de leurs adieux. La vacuité, ensevelie sous le linceul l’émotion transmis sur pellicule. Par souci de livrer à son public ce qu’il attend Disney rate le grand film qu’aurait du être Endgame. Je n’ai pas pour objectif de recenser toutes les failles du scénario, et ces quelques exemples seront assez parlant. Il est rageant, que des intérêts tous sauf artistique gâche un vrai potentiel, et encore plus rageant que ceci soit récompensé par l’adhésion quasi aveugle du public.

Le final est symptomatique de ce qui a précédé, la mise en scène sans génie des Russo peine à donner la pleine mesure aux combat qui se déroule sous nos yeux. Le manque de lisibilité et d’ampleur, est souvent problématique. L’incapacité à faire durer certains plans à vocation iconique, des ralentis au moment inopportun qui ressemble à des clins d’œil grossier. Le tout, se veut  compenser en  récompensant les attentes du spectateur. Le combat Thanos contre Iron Man, Thor et Captain America (Hulk une fois de plus le grand oublié du MCU). Captain récupérant le marteau de Thor, l’arrivée des renforts, celle de Captain Marvel, le ralenti sur les héroïnes réunies… tout est fait le cahier des charges à la main. Et tout se termine sur une ultime pirouette ou Stark subtilise  on ne sait comment les gemmes une à une et mets fin à la guerre. Ce film est tellement problématique que j’ai le sentiment de n’en avoir qu’effleurer le vide peut être y reviendrais je un peu plus apaisé et analytique histoire de démonter plus consciencieusement la supercherie et en ressortir les quelques qualités. J’imagine que ceux ayant apprécié les opus précédents pourront sans doute malgré tout y trouver leur compte, personnellement je regrette les quelques plaisirs qu’avaient su susciter en moi les débuts de cet univers.


Date de sortie : 24 avril 2019 (3h 01min)

Réalisé par : Joe Russo, Anthony Russo

Scénarisé par :  Christopher Markus, Stephen McFeely

Direction de la photo : Trent Opaloch

Bande annonce :

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Cet article a 5 commentaires

  1. Comme tu le dis en début de chronique, Ready player one se fait taxer de fan service alors qu’il ne fait que questionner le spectateur sur son rapport à la pop culture et de l’autre côté, il semble s’exciter dès qu’il voit dix mille bonhommes qu’ils ont vu dans d’autres films dans un élan certes cool (je n’ai rien contre ce passage du film), mais pas forcément d’une subtilité phénoménale. C’est à n’y rien comprendre. Puis je passe sur les incohérences ahurissantes du voyage dans le temps, Thor dont on se fout de la gueule durant 2h30 (« mais bon, tu comprends il est en dépression »), Hulk pas mieux, Splinter qui passe et Captain Marvel qui va vite être pénible tant elle est mal écrite et pas intéressante du tout. Reste au moins une heure intéressante avec un peu de bourre-pif, Hawkeye pour une fois intéressant, Nebula phénoménale, Ant Man qui dans un élan dramatique se retrouve dans la scène la plus touchante du film et des adieux pas trop mal à certains personnages.

    1. Les gens sont incompréhensible on les traite avec respect on te crache à la gueule, on te dégueule de la merde avec du ketchup on crie au génie. Hawkeye toute la partie 5 ans plus tard il y avait tellement de moyen de faire des trucs vraiment bien plutôt que s’acharner sur la redondance des la récup des gemmes dans le temps.

      1. C’est surtout qu’il a fallu cinq ans pour qu’on le retrouve en train de décimer Hiroyuki Sanada et sa clique. J’ai eu de la peine en le voyant là d’ailleurs.

        1. Non mais ce mec, 2 mn de temps d’écran mais qu’est ce qu’il pue la classe bien plus que tout le cast du MCU réuni.

          1. C’est surtout ça que je trouve triste. Lui demander à lui pour si peu de temps. Autant demander à Brian Tee « l’asiatique anonyme d’Hollywood ».

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