A Star is Born, romance artificielle sous le feu des néons

Suite à mon visionnage de la première réalisation de Bradley Cooper, je me vois dans l’obligation de jeter ces quelques mots à la face du monde. Ceux m’ayant déjà lu, savent que j’ai une grande tolérance au film romantique. Qu’ils se tournent vers le drame poignant ou vers la comédie à la joie communicative, c’est un genre dans lequel j’aime me plonger. Donc il est peu de dire que ma déception est immense face au résultat d’une entreprise, qui semblait, pourtant, partir sous les meilleurs auspices. Si tu es un amoureux transi du métrage, prêt à pourfendre quiconque oserait émettre un doute sur l’objet de ton affection, quitte immédiatement cette page. Il serait dommage de faire un ulcère pour si peu. Pour tous les autres c’est ici que les choses sérieuse commence.

Pour être totalement sincère, je trouve le début du film fort réussi. Une mise en scène inspirée doublée d’une photographie très travaillée. Pour un premier passage derrière la caméra, les débuts semble fort prometteur. Les deux mondes d’Ally sont très marqués visuellement. Celui du travail alimentaire et de couleur blanche sous des lumières froide et aseptisés. Le cadre est large, et elle semble perdue au milieu d’un univers auquel elle n’appartient pas. Tout au contraire du bar ou elle chante, les couleurs y sont chaude, la caméra épaule au plus prêt d’elle. Elle y est valorisée et au cœur de l’attention.

La première rencontre avec son futur pygmalion, sans être très originale, reste efficace. La caméra embrasse les corps, souligne les regards, s’imprègne de l’admiration naissante. Les contacts sont doux et chaleureux et l’émotion est palpable. Le seul problème, c’est que cette efficacité se délite à partir d’un peu plus de 35 mn de métrage. La mise en scène reste assez incarné, mais le script assez plat et convenu, ne parvient pas à générer de vrais pic émotionnels. Au bout du compte la réalisation de Cooper finit par paraître maniéré et artificielle faute de pouvoir s’appuyer sur un scénario plus consistant.

Les enjeux sont absent et on a du mal à retrouver un vrai point de vue. Que veut filmer Bradley Cooper, que cherche t-il à nous dire à travers son récit. Est-ce l’ascension d’Ally ? Pas vraiment, celle ci se passant à toute vitesse et sans réelle embûche. L’absence de backstory du personnage en fait qui plus est un personnage assez creux. Son personnage n’ayant de vie qu’a travers le miroir déformant de son amour. Est-ce l’histoire de Jack ? La encore pas vraiment, l’absence de vraie évolution du personnage, l’interprétation un brin caricaturale, l’absence de réflexion ou d’une quelconque matière sur laquelle on pourrait poser nos doigts curieux rend le personnage unidimensionnel.

Ce type d’histoire à était porté maintes fois à l’écran. Le film lui même, à déjà connu trois précédentes adaptations, et les digressions sur le postulat de base, sont si multiples et variées qu’il serait impossible de toutes les énumérer. Le film, emprunte les chaussons du mélodrame, tout en donnant le sentiment quelque peu prétentieux de vouloir se poser au dessus, d’être plus que ça. Le métrage n’en reste pas moins caricatural, tout en perdant en efficacité par manque de réelle vision. Le film ne raconte rien qui n’est pas déjà était dit tant de fois. Les personnages secondaires sont sous utilisés à l’exception de Sam Eliott. Ils n’apportent rien à un récit, qui semble trop obnubilé par son duo d’acteurs.

L’absence d’épaisseur de ses têtes d’affiche aurait pu être compensé par un casting bigarré et haut en couleur tout en humanisant le background. Mais bien vite on comprend que cette partie de l’histoire n’avancera jamais. S’ensuit une flopée de personnages fonctionnels vide de substance. Ils ne sont présent qu’en tant que faire valoir pour faire avancer le récit. Le final se voudrait déchirant la lumière, les mouvements de caméra tout souligne, surligne, les émotions qui devraient être les nôtres. Mais après 1h20 de circonvolutions inutiles, tout aussi efficace soit la caméra de Cooper l’émotion peine à monter.

C’est la mort dans l’âme que je suis obligé d’admettre que le film m’a grandement déçu. Il n’en reste pas mois la mise en scène brillante, la photographie et les morceaux musicaux parviennent à sauver le film de l’ennui. et j’avoue une impatience non dissimulée pour sa prochaine réalisation qui je l’espère bénéficiera d’un script plus solide. J’espère que cet avis ne sera pas trop décousu, il est écrit à brûle pourpoint entre deux pauses à mon taf. Et pour les fautes d’orthographes éventuelles, mon âme à déjà était brûlée par les dieux de la langue française donc je ne peux pas faire plus grande pénitence.


Date de sortie : 3 octobre 2018 (2h 16min)

Réalisé par : Bradley Cooper

Scénarisé par :  Eric Roth, Bradley Cooper, Will Fetters

Direction de la photo : Matthew Libatique

Bande annonce :

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